Mon témoignage post-thérapie fermée à la maison La Vigile.

Ce qui suit est seulement une parcelle de toute cette belle aventure que j’ai vécue à La Vigile. Cette page de mon histoire de vétéran des Forces armées Canadienne qui est aux prises de la maladie du SSPT, mieux connue par : Syndrome de stress post-traumatique.

Je suis un père de famille de presque 40 ans, retraité des Forces armées depuis le mois d’août 2014. J’ai servi honorablement et fièrement le Canada pendant plus de 21 ans et durant mon service militaire j’ai été déployé 5 fois outre-mer, soit deux fois en Bosnie-Herzégovine, la première fois comme Casque bleu avec l’ONU et l’autre avec l’OTAN. Ce fut deux missions extrêmement différentes. Mes trois autres missions se sont déroulées en Afghanistan, dans un premier temps à Kaboul et les deux autres fois, à Kandahar. C’est un peu en ces quelques lignes, une partie de mes nombreux autres voyages aux fins militaires.

Ma descente dans l’enfer du SSPT :

Depuis de nombreuses années, ma vie est devenue un cauchemar, celui qui me fait prier le ciel d’épargner mes deux enfants, ma conjointe et mes proches de l’obscurité de la guerre.
Je vis constamment avec un fantôme ou un ennemi invisible qui manipule mes émotions, réactions et toutes les sphères de ma vie, tant familiale que sociale et professionnelle.
C’est ce fantôme qui m’a amené vers l’évitement, l’isolement, la peur de moi-même et des autres, la perte de mémoire (cours, moyen et long terme), nombreuses phases de difficulté d’élocution, perte d’estime de moi, l’agitation nocturne et l’hypervigilance pour vous citer que ces quelques facettes de ce qu’est le SSPT. C’est ce mélange négatif et explosif qui m’a aussi poussé à faire des tentatives de suicide, dont la dernière s’est conclue par un séjour en prison.

C’est lors de mon procès pour ma remise en liberté qu’un membre de l’organisation de La Vigile est venu m’accueillir au palais de justice dans le but de me donner cette grande opportunité d’entrer dans cette maison de thérapie afin d’apprendre à gérer mes émotions et mieux comprendre le fonctionnement et la chimie de mon cerveau. Étant une personne ayant droit au bonheur comme tout un chacun, j’ai sauté les deux pieds dedans pour participer de mon mieux à tous les ateliers offerts qui m’ont redonné cet espoir tant attendu et pour une fois, le droit de vivre ma vie le mieux possible en sachant que rien n’est parfait, mais que je peux améliorer certaines choses.

J’ai beaucoup appris sur moi-même lors de cette thérapie, par exemple, la reconnaissance de nos limites personnelles ainsi que diverses méthodes d’ancrage au moment présent. Lors de mon accueil à La Vigile j’ai été accueilli chaleureusement par tous les membres de l’organisation qui étaient présents ainsi que par les autres résidents(es) dans une atmosphère paisible et sans jugement venant de qui conque.

C’est aussi à ce moment que M. Simard, le directeur général de l’établissement m’a dit mot pour mot : ‘’Bienvenue à La Vigile, on va prendre soin de toi ici.’’ ces quelques mots qui se sont avérés vrais à 200%.

Après ma sortie de la thérapie, je peux en tirer comme conclusion que j’ai grandi et que je sors gagnant de mon séjour d’un mois. Je suis entré les mains vides, dans tous les sens du mot, pour en ressortir avec un sac plein d’outils pour mieux faire face à ma vie de tous les jours et surtout essayer de mieux digérer mes émotions qui ont été transformées par les misères et les atrocités de la guerre.

Merci à toute l’organisation de la maison La Vigile pour tout le soutien et le réconfort dont j’ai bénéficié.

D’un vétéran qui sait que votre porte restera toujours ouverte.

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